Solidaires Informatique appelle à la grève féministe !
L’informatique, le conseil et le jeu vidéo sont parmi les secteurs les plus sexistes, LGBTI-phobes, et inégalitaires.
Alors que les femmes étaient bien présentes au début de l’informatique dans les années 70, elles ne représentent aujourd’hui plus que 24,7 % des effectifs. L’histoire de l’informatique regorge pourtant de femmes exceptionnelles : Grace Hopper, Margaret Hamilton, Ada Lovelace… Mais depuis les années 70, le patriarcat a fait des nouvelles technologies, sources de pouvoir et capital du 21e siècle sa chasse gardée.
À mesure que le secteur du numérique a grossi et la rentabilité augmentée, les hommes ont pris possession des métiers techniques et d’expertises et la main invisible du patriarcat a comme toujours effacé les femmes de la photo. Ainsi à l’école les femmes ne sont pas encouragées à explorer les domaines scientifiques alors même qu’elles y excellent dans les études. Exclues du milieu du jeu vidéo et des nouvelles technologies, elles ne sont pas autorisées à avoir le goût de la technique.
En conséquence, les femmes ne représentent que 10 % des étudiants en informatique.
De cet énorme déséquilibre découlent évidemment bien des problèmes :
- Les domaines techniques souffrent d’une vision particulièrement genrée, ainsi seulement 17 % des développeur·ses sont des femmes.
- Isolées au milieu d’hommes, les femmes sont victimes de harcèlement et de sexisme. 70 % d’entre elles déclarent avoir été l’objet de sexisme au sens large dans le cadre de leurs études en école d’informatique.
- Soit-disant recherchées par les recruteur.ses, les chiffrent montrent qu’elles sont toujours discriminées. Leur salaire est en moyenne 16 % inférieur à celui des hommes.
Pas étonnant qu’au bout de 10 ans de carrière, 41 % soient déjà parties (contre 17 % chez les hommes) ! Et la situation est encore pire dans le secteur du jeu vidéo, avec seulement 14 % de femmes.
Ne soyons pas dupes, notre CoDir SNCF Connect a beau se vanter d’atteindre la parité, c’est loin d’être le cas dans les équipes, où les métiers restent très genrés et que la technique est largement occupée par les hommes.
À travail égal, salaire égal !
Les inégalités salariales perdurent plus de 50 ans après l’adoption des premières lois visant pourtant à les faire disparaître. Quel que soit le métier, les hommes touchent en moyenne 28 % de salaire en plus ! Nous sommes 4 fois plus souvent à temps partiel que les hommes. Et pour la majorité d’entre nous, il s’agit d’un temps partiel imposé. Et toutes ces inégalités qui viennent jalonner nos carrières et nos vies viennent impacter notre retraite.
La France a jusqu’au 7 juin 2026 pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale. Celle-ci doit renforcer l’application du principe « à travail de valeur égale, salaire égal » par des mécanismes de contrôle et de sanction. Les entreprises doivent être contraintes de prouver qu’à travail de valeur égale, les salaires sont égaux.
Nous exigeons une application ambitieuse de cette directive pour enfin obtenir : l’égalité réelle des rémunérations et des carrières, la revalorisation des métiers à prédominance féminine, la révision en profondeur de l’index égalité professionnelle (qui doit cesser de masquer la réalité).
Le 8 mars, nous serons le feu !
Le ciel s’assombrit, l’horizon est lourd. Le patriarcat cogne, l’impérialisme broie, mais nous ne baisserons ni les yeux ni les bras.
Ce 8 mars nous nous mobilisons aussi pour nos sœurs du monde entier, de Palestine, du Yémen, du Soudan, du Mali, des États-Unis. Nous crierons pour nos sœurs d’Ukraine, d’Amérique latine, d’Asie et d’Iran. Si l’attaque est mondiale, la riposte est géante, partout où l’on nous brise la lutte est vivante !
Partout, c’est l’incendie MeToo qui brûle le silence en faisant de nos récits une arme. La honte change de camp, l’impunité est finie. Le « sales connes » que le pouvoir nous crache au visage, nous le portons en étendard !
Solidaires Informatique revendique :
- La fin du harcèlement sexuel et moral institutionnalisé dans le domaine du numérique et du jeu vidéo en particulier. Nous exigeons des sanctions disciplinaires et judiciaires pour les harceleurs d’Ubisoft.
- Une prévention des violences sexistes et sexuelles dans l’entreprise, former et sensibiliser toustes les salarié.e.s
- Une place équivalente pour les femmes, les personnes LGBTI+ et les minorités en informatique, dans le jeu vidéo et le conseil. Ces secteurs ne doivent pas rester au contrôle d’une poignée de patriarches !
- Développer une éducation féministe et égalitaire qui lutte enfin contre les stéréotypes et les violences et qui donne à toustes la possibilité de réussir leur parcours scolaire et professionnel. En particulier, tous et toutes les jeunes doivent être certain.es que les femmes sont aussi capables que les hommes d’exceller dans les domaines scientifiques et techniques, l’ingénierie et les nouvelles technologies. L’histoire le prouve !
- Exiger l’égalité salariale et professionnelle dans nos secteurs avec une revalorisation salariale des travailleuses de 16 %.
Retrouvez ici le communiqué de l’Union Solidaires: 8 mars : si on s’arrête, tout s’arrête !
Ensemble, nous sommes plus fortes !
Si vous avez besoin de soutiens, ne restez pas isolé.es, et n’hésitez pas à nous contacter. Vous recevrez une écoute attentive et confidentielle.
Vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : scts@solidairesinformatique.org
Solidairement !
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